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dernière mise à jour le 21 mars 2020





Apollinaire
A l'intention des étudiants "confinés" qui préparent leurs examens à la maison, quelques pages critiques à lire sur ce site :

Le Jour venu, par Jean-Michel
                                                          Maulpoix

  • En librairie depuis le 13 février 2020 : Le Jour venu

«Lorsque mon père puis ma mère disparurent, j’écrivis L’hirondelle rouge, livre dans lequel j’évoquais la fin de leur vie et cherchais à la douleur une issue. Mais la parution de cette suite de proses ne mit pas un terme au travail de deuil : j’écrivis encore, durant plusieurs mois, des pages, parfois violentes, où je devais aussi bien continuer de creuser la plaie d’angoisse ouverte par la perte de mes parents que formuler avec plus de force ce désir de vivre dont l’apparition rêvée d’une hirondelle rouge avait un temps figuré le retour…
Ainsi est né Le jour venu, d’abord affrontement direct avec l’ombre de la mort qui menace, puis accession à une sorte de paix dans la simple lumière d’un jour qui se lève. Quel est le point commun aux deux faces de ce livre, l’une obscure et l’autre lumineuse, sinon l’idée d’attachement? L’écriture, qui noue des mots ensemble, veille sur nos liens : attachement aux êtres chers et à leur mémoire, à ce monde et à sa beauté, à la terre qui nous porte comme à la langue que nous parlons et qui permet de maintenir le fil de la présence.»

Voir la présentation sur le site du Mercure de France




nous deux
                                                          encore

—"Permettez-moi, je vous en prie, de prendre une dernière photographie… Poussez-vous un peu sur le côté, j’aimerais fixer le feuillage rouge de cet arbre et ce pan de montagne au loin, redressez légèrement la tête, tournez vers moi votre visage. La lumière du soir est si belle ! Voilà ! C’est parfait. Ne bougez plus ! Souriez…

Je ne garderai qu’une image : nous deux encore penchés sur quelque livre. J’ai six ou sept ans, elle une petite trentaine. Nos cheveux sont semblables, bruns, épais, et un peu frisés. Une bague d’argent brille à son doigt. Il semble qu’elle me fasse la lecture. Moi, je regarde ailleurs. Son visage est très jeune, très doux. Elle ne connaît pas la froideur. Elle porte une légère veste de pluie. Peut-être a-t-elle plié une couverture de laine sur ses genoux. C’est quelque part dans l’herbe et sous les arbres, en Franche-Comté, dès les premiers beaux jours, nos escapades tranquilles du dimanche que mon père se plaisait à photographier. Le genre d’image que parfois l’on trouve coincée dans la main d’un vieillard assis dans son fauteuil sous un pommier près de la haie : ses yeux viennent de se refermer."



Invitation

La voie des signes

Exposition croisée d'encres et de peintures d'Henri Michaux et de Jean-Michel Maulpoix, du 25 janvier au 22 février 2020,  à la galerie Chanlal Bamberger, 16 rue du 22 novembre à Strasbourg.

Vernissage le 25 janvier, à partir de 16h 30.

Lectures par Martin Adamiec les vendredis 31 janvier, 7 février, 14 février et 21 février, à 20 heures.





Une
                                                          histoire de
                                                          l'élégie

"Qu’entendez-vous par élégie ? A cette simple question, la réponse est apportée le plus souvent sans grande hésitation : un poème plutôt plaintif, qui évoque la fuite du temps et déplore la disparition d’êtres chers. Cette définition, bien sûr, n’est pas fausse, et nombre de textes la confirment, mais elle ne rend pas compte de la variété, la souplesse, la profondeur réflexive, ni la sophistication  de ce genre dont les pages les plus nobles méditent sur le sort commun, évaluent nos raisons d’être, mesurent le prix réel des biens et des attachements terrestres, et mettent en avant des valeurs de lucidité et de courage. Il convient de le dire d’emblée : l’élégie peut être d’une richesse morale et philosophique tout opposée aux stéréotypes moqueurs qui n’y voient qu’un discours larmoyant recueillant les larmes de cœurs blessés dans des mouchoirs mouillés.

Si l’élégie a mauvaise presse et se trouve être objet de caricature, ce n’est pas seulement parce qu’elle prend volontiers la pose et reconduit à loisir les mêmes formules conventionnelles qui attirent le sarcasme. C’est aussi que ce genre délaissé par la critique n’a dans l’ensemble guère été pris au sérieux. Peu d’études générales lui ont été consacrées, attentives à ses véritables enjeux. L’un des objets de cet essai est donc de la réévaluer, au moment où, contrairement à d’autres préjugés également bien établis qui la croient disparue et vaporisée dans « l’ élégiaque », elle se montre vivante sous la plume de nombreux écrivains contemporains, fût-ce parfois au prix de surprenantes métamorphoses. Pour éclairer sa définition et son évolution, je propose ici successivement une étude thématique et formelle, une histoire et une anthologie, depuis les origines antiques de l’élégie jusqu’à nos jours."

Poésies de Valéry

La passion de la différence qui mobilise son activité intellectuelle se retrouve également dans les travaux lyriques de Valéry : s’éloigner du vulgaire, distinguer, moduler, ajuster, faire jouer les ressorts subtils de la langue avec finesse, sont des traits constants de son écriture en vers, de l’Album de vers anciens à La Jeune Parque  puis à Charmes. Encore le jeu de l’intellect devient-il plus perceptible dans les travaux poétiques à mesure que l’on avance dans l’œuvre. Il suffit de confronter Charmes à La Jeune Parque pour percevoir d’emblée la différence entre une longue modulation lyrique que l’euphonie domine, d’où tout réalisme est exclu, et un ensemble de poèmes moins obscurs, davantage centrés autour d’un sujet déterminé. Il semble aussi que l’écriture de Valéry évolue vers plus de clarté et d’élégance. Il n’est pas exagéré de dire que le poète n’a cessé de préciser son propre classicisme. Les poèmes de l’Album de vers anciens sont très marqués par le maniérisme symboliste : princesses alanguies, cygnes, clair de lune, grâces évanescentes. La préciosité adamantine de La Jeune Parque  est plus épurée, au point que l’on a parfois présenté ce poème comme le plus obscur de la littérature française. Charmes frappe plutôt par son élégance que par son obscurité : on y découvre une plénitude poétique qui reste rare dans notre langue, davantage de sobriété dans les poèmes longs; ce sont cette fois les pièces courtes qui s’avèrent les plus précieuses.


Hirondelle rougr
L'hirondelle rouge, Mercure de France (livre paru en février 2017)




100 mots
Les 100 mots de la poésie
"Ce volume ne constitue ni un lexique idéal ni un dictionnaire abrégé de poétique. J'y ai simplement retenu quelques-uns des termes autour desquels s'organise mon entente de la poésie. C'est donc à travers le filtre d'un choix subjectif qu'une approche critique est ici proposée. Irréductible à une définition simple, la poésie incite à réunir autour d’elle une constellation de mots qui l'éclairent par facettes. Il y a là des verbes qui disent les gestes d'un travail (couper, lier) et d'autres qui désignent des mouvements du corps et de la pensée (se retourner, s'en aller). Il y a des substantifs qui marquent l'étendue d'un champ d'expérience (chair, terre, mémoire, désir), d'un espace préféré (paysage, jardin), ou d'objets (fenêtre, fontaine), ou d'états (fureur, mélancolie, douceur) et de formes (alexandrin, ode, fragment)… Il y a même des pronoms (je et tu) : c'est ainsi l'expérience humaine qui défile au gré de l'ordre alphabétique et déborde des livres. Peut-être est-cela même qu'il faut retenir de ce modeste lexique : la poésie est moins faite pour aboutir à un beau livre que pour nous rendre à la vie même." (lire la suite...)





matinee
 La matinée à l'anglaise, aux éditions Shichosha (Tokyo) mars 2018

Traduction en langue japonaise par Kaoru Udo d'un livre à présent épuisé qui avait été publié en 1982 aux éditions Seghers.

Extrait de la préface à l'édition japonaise :

"A l’origine de ce livre, La Matinée à l’anglaise, que je me réjouis de voir paraître dans une traduction japonaise due à Kaoru Udo, il y a la rencontre à présent lointaine du roman de Jean-Jacques Rousseau, La Nouvelle Héloïse. C’était en 1972, et j’étais alors étudiant en classes préparatoires de Lettres au lycée Henri IV, à Paris. Nous avions au programme ce volumineux roman épistolaire de Rousseau qui rencontra en son temps un grand succès. D’abord décontenancé par la longueur de ce livre, j’ai peu à peu appris à l’aimer et je fus touché par ses personnages. Dix ans plus tard, c’est le souvenir d’une scène particulière de ce livre qui m’inspira ce titre, « la matinée à l’anglaise » pour l’un de mes recueils de poèmes en prose.

Qu’est-ce que cette matinée à l’anglaise ? Un moment de calme partagé. Un temps d’intimité heureuse, presque silencieuse, qui réunit côte à côte quelques êtres. Un mode de présence donc, autant qu’un climat propice au partage… (...)"


Victor
                                                          HUgo

Textes critiques en ligne : Victor Hugo, le lyrisme personnellement...

"Dans « Crise de vers » Stéphane Mallarmé écrit de Victor Hugo : « il était le vers personnellement». L’auteur des Contemplations fut en effet ce « géant », "à la main tenace et plus ferme toujours de forgeron" qui « rabattit toute la prose, philosophie, éloquence, histoire au vers » et qui fit de celui-ci un prodigieux lieu d’engrangement… Il ne serait pas faux d’ajouter que Victor Hugo fut aussi bien le lyrisme personnellement, tant s’attache à lui l’idée d’un volume, d’une vigueur et d’une étendue de la parole poétique qui transporte l’énergie du vers jusque dans la prose…" (lire la suite...)

Restes
Restes est le premier livre d'un jeune auteur, Quentin Biasiolo.. J'en donne ici la préface  : "L'art d'accommoder les restes"

"On pourrait croire que les poèmes en prose de Quentin Biasiolo ont été écrits par son ombre. Étrangement en alerte, une attention d'outre-tombe trouve à se dire en des phrases aussi précises qu'elliptiques. Leur vitesse d'exécution est si rapide que le lecteur se voit tout désemparé, en même temps que sollicité et séduit par cette gymnastique mentale. Il ne sait plus où donner de la pensée ni sous quel angle considérer ce qui pourtant est là, déroutant mais nettement établi, mi-figue sur la page, mi-raisin sous ses yeux... " (à suivre)

On lira des extraits d'un livre en cours de Quentin Biasiolo "Lettres à Camille" sur le site du Nouveau recueil. Né en 1991, Quentin Biasiolo est normalien, agrégé de philosophie.

Bonnefoy

Hommage à Yves Bonnefoy...

"Lire Du mouvement et de l’immobilité de Douve est une épreuve. La question du sens des poèmes est posée avec une certaine rudesse dès la première page de ce livre déroutant, voulu tel par son auteur pourtant « épris de lucidité  »… Il ne s’agit pas en effet ici d’un jeu gratuit, non plus que d’un emploi insouciant de l’écriture automatique par exemple, même si cet obscurcissement délibéré puise à l’évidence dans une certaine expérience surréaliste qui fut celle du jeune Yves Bonnefoy… (lire la suite)

la poésie
                                                          a mauvais
                                                          genre
La poésie n'est pas réductible à un genre. Elle excède les catégories et met à mal les définitions, tant elle n'a de cesse de "brûler l'enclos" (René Char) et "d'aller plus avant" (Paul Celan). Les essais réunis dans ce volume s'attardent sur quelques œuvres modernes qui, à des titres divers, manifestent ces franchissements (Guillaume Apollinaire, Rainer Maria Rilke, Maurice Blanchot, Christian Dotremont...). Ils esquissent par ailleurs plusieurs portraits de poètes, en chiffonnier, en arlequin, ou en épistolier... Ils illustrent une pensée de la poésie comme parole soucieuse de la vie terrestre et qui interroge notre finitude.

carnet
                                                          chinois
J’ai découvert l’Amérique le 3 avril 1994, en prenant des notes sur un carnet à spirales de la marque « Hotlines – stationery » dans un fast food de Los Angeles où je mangeais des patates au lard et des œufs brouillés. Il était 8 heures du matin. J’étais en ma 42ème année et venais de quitter pour la première fois « l’Europe aux anciens parapets ».
Ce petit carnet à spirales de 10 cm sur 15, dont 57 pages sont remplies, contient ma découverte. Cela seul fait son prix. Jamais il ne sera publié. Je n’en livrerai ici que le souvenir. (lire la suite...)

dessine
"Je n’aime guère la poésie pour enfants. Si charmante soit-elle, elle me paraît souvent trop pressée de jouer avec les mots. Vite, elle devient comptine. Tout juste une petite fête verbale. L’occasion d’une récréation et d’une récitation, rien de plus…
Cet accès de fraîcheur, bien sûr, n’est pas sans intérêt. Il donne à respirer. Mais il tend aussi à accréditer l’idée que la poésie n’est que le côté ludique du langage…
J’aimerais que certains poèmes accessibles aux plus jeunes n’aient en vérité pas d’âge(...)" (Lire la suite)


Ashbery
"La plupart des hommes ont de la poésie une idée si vague que ce vague même de leur idée est pour eux la poésie" écrivait Valéry dans Tel Quel. Soyons clair, il n'est rien de vague dans la poésie, sinon ce à quoi elle se mesure. Sa tâche est de poursuivre afin de l'établir cette vague même qui donne son titre (A wave) au livre de John Ashbery: la vague infiniment mobile de l'instable et du trompeur... Comme l'écrit Marc Chénetier dans sa postface "l'imprécision, l'indécision, l'incertitude sont centrales dans cette oeuvre".

L'écriture prête ainsi des formes (et celle que mobilise ce livre sont très diverses) à ce qui n'est d'abord que de l'informe et du furtif, voire du grossier, du frivole, du décoratif, du routinier, de l'illusoire, du ruineux, du saugrenu, du périlleux, etc..., bref appelons cela tout simplement "matière humaine"... Et c'est en y mettant les formes que le poète dessine une trajectoire verbale parmi turbulences et indécisions. (lire la suite...)

Valery
(Texte de la communication donnée le 26 novembre 2015 au colloque "Paul Valéry aujourd'hui".)

"C'est de Valéry penseur que je souhaite tout d'abord parler, notre contemporain plus que jamais capital, et je devrais ajouter nécessaire, tant sa personne et son travail s'opposent à toute forme de fanatisme, et plus généralement d'aveuglement... En choisissant de donner ce titre "le contemporain capital" à mon intervention, je détournais au profit de Valéry une formule qu'André Rouveyre avait appliqué naguère à Gide, mais je n'imaginais pas alors la résonance nouvelle qu'elle allait prendre..."
(Lire la suite...)


Le
                                                          voyageur à son
                                                          retour

Parutions récentes :

"Pour un rien, je suis parti. Des chiffons de bleu dans le ciel. Retrouver le toucher d’une plume sur des pages de carnet dans une chambre inconnue ou un aéroport. Ce sont d’autres battements de cœur. Allez savoir pourquoi…

Oisiveté du voyage, peu propice à autre chose que de rapides photographies… Mais voilà que cette vie redevient étrange dès lors que lui manquent ses travaux familiers, aussi bien que les visages aimés auxquels il semble que l’on ait laissé accrochées sa propre figure et sa propre histoire."
(...)
« Mais tu l’as bien compris : c’est pour cela que je m’en vais, que je m’envole, que j’en appelle au plus lointain. Ces étoiles au sol, ces feux roses de l’aube, ces forêts, ces rivages, ces toitures : la terre, la maison des hommes. Je ne connais pas de moment plus heureux que l’atterrissage. Ces départs, après tout, n’ont pour objet que le retour. »

Photo
                                                          Maulpoix
Notes de lecture
proposées sur le site de la revue numérique "Le Nouveau recueil"
"Ce que je souhaite d'un critique littéraire - et il ne me le donne qu'assez rarement - c'est qu'il me dise à propos d'un livre, mieux que je ne pourrais le faire moi-même, d'où vient que la lecture m'en dispense un plaisir qui ne se prête à aucune substitution"

Julien Gracq








la musique inconnue

Autres publications récentes :

  • Par quatre chemins, études sur René Char, Saint-John Perse, Henri Michaux et Francis Ponge, éditions Presse-Pocket. Collection "Agora".
  • "L'Amérique n'existe pas". Publié uniquement en édition numérique, ce livre est disponible en téléchargement sur Kobo (Fnac), Amazon (Kindle) et sur l'E.book store d'Apple store.

        










Rainer
                                          Maria Rilke

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dernière mise à jour le 22 mai 2019